
Zero-copy
Le terme zero-copy est de plus en plus utilisé dans les discours liés aux architectures data modernes, aux Customer Data Platforms (CDP) et, plus largement, aux écosystèmes martech. Derrière cette expression se cache une approche technique et organisationnelle qui répond à plusieurs enjeux majeurs : la performance, la gouvernance des données, la souveraineté et la maîtrise des coûts.
Dans un contexte où les volumes de données explosent et où les organisations multiplient les outils marketing et analytiques, comprendre ce que signifie réellement le zero-copy devient essentiel pour évaluer les promesses des plateformes dites « composables » ou « warehouse-native ».
1. Définition du zero-copy
Le zero-copy désigne une approche d’accès et d’exploitation des données qui consiste à ne pas dupliquer physiquement les données entre les systèmes. Les données restent stockées dans leur environnement d’origine — par exemple un data warehouse, un data lake ou un lakehouse — et sont exploitées directement à cet emplacement par les outils qui en ont besoin.
Contrairement aux architectures traditionnelles, où les données sont extraites, transformées puis copiées dans chaque outil (CDP, outil d’activation marketing, plateforme analytique), le zero-copy repose sur une logique d’accès « data-in-place ». Les traitements, requêtes ou activations se font sans création de nouvelles copies persistantes des données.
2. Pourquoi le zero-copy est devenu un sujet clé en martech
Pendant longtemps, les stacks martech se sont construites par empilement d’outils spécialisés. Chaque solution embarquait sa propre base de données et nécessitait des flux d’ingestion réguliers. Cette logique a entraîné une multiplication des copies de données clients, avec des conséquences bien connues : latence, incohérences, surcoûts de stockage, difficultés de gouvernance et sécurité des données.
Le zero-copy émerge comme une réponse à ces limites. Il s’inscrit dans un mouvement plus large de recentralisation de la donnée autour du data warehouse ou du lakehouse, devenu le point névralgique du système d’information data.
3. Zero-copy et CDP composable
Dans une CDP traditionnelle, la plateforme ingère les données issues de multiples sources (CRM, web analytics, transactions, support client), les stocke dans sa propre base et reconstruit des profils clients unifiés. Cette logique implique une duplication complète des données.
Dans une CDP composable s’appuyant sur le zero-copy, la plateforme ne devient plus un silo de données supplémentaire. Elle agit comme une couche d’orchestration et d’intelligence qui interroge directement les données présentes dans le data warehouse de l’entreprise. Les profils clients, les segments et les règles d’activation sont calculés à la volée, à partir des données existantes.
Exemple : une équipe marketing souhaite cibler les clients ayant effectué plus de trois achats au cours des six derniers mois et ayant interagi avec une campagne email récente. Avec une approche zero-copy, ces critères sont évalués directement dans le warehouse, sans exporter les données vers une base CDP distincte.
3. Enjeux de gouvernance et de souveraineté des données
L’un des arguments majeurs en faveur du zero-copy concerne la gouvernance. En limitant les copies, l’entreprise réduit le nombre de points où les données sensibles sont stockées. Les règles de sécurité, de confidentialité et de conformité réglementaire (comme le RGPD) peuvent être appliquées de manière plus cohérente, directement au niveau de la source de données.
Cette approche est particulièrement pertinente dans les contextes où la souveraineté des données est critique. Les données ne quittent pas l’infrastructure maîtrisée par l’organisation, ce qui limite les risques liés à l’hébergement, aux transferts transfrontaliers ou à la dépendance à des plateformes propriétaires.
4. Bénéfices opérationnels du zero-copy
Sur le plan opérationnel, le zero-copy permet de réduire les coûts de stockage en évitant la multiplication des bases de données redondantes. Il limite également les problématiques de synchronisation et de décalage temporel entre les différentes versions d’une même donnée.
Du point de vue des équipes marketing, cela se traduit par un accès plus rapide à des données à jour et par une meilleure confiance dans les segments et indicateurs utilisés pour piloter les campagnes. Les équipes data, quant à elles, bénéficient d’architectures plus simples à maintenir et à faire évoluer.
5. Limites et réalités derrière le terme zero-copy
Il est important de noter que le zero-copy est parfois utilisé comme un terme marketing. Dans certaines implémentations, des mécanismes de cache, de matérialisation temporaire ou de duplication partielle peuvent exister pour des raisons de performance.
Par ailleurs, cette approche suppose une certaine maturité data. Le data warehouse doit être correctement modélisé, documenté et gouverné. Sans cela, le fait d’accéder directement aux données à la source peut complexifier les usages plutôt que de les simplifier.
En conclusion
Le zero-copy ne désigne pas simplement une innovation technique, mais un changement de paradigme dans la manière dont les données marketing sont exploitées. En privilégiant l’accès direct aux données à la source plutôt que leur duplication, cette approche favorise des architectures plus sobres, plus gouvernées et mieux adaptées aux enjeux actuels de la martech.
Pour les organisations qui disposent d’un socle data solide, le zero-copy constitue un levier puissant pour simplifier leur stack, renforcer la confiance dans la donnée et concilier performance marketing, conformité et souveraineté.
Quelques références
- « Zero-copy CDP, CDP composable et souveraineté des données »– Scal-e – 2024
- « What is Zero Copy? » – Salesforce – 2023
- « Composable CDP Architecture Explained »– RudderStack – RudderStack – 2023
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