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Portrait : Octave Klaba, l’indépendance numérique pour ambition

Portrait : Octave Klaba, l’indépendance numérique pour ambition

*Illustration générée par IA représentant Octave Klaba devant un datacenter imaginaire aux couleurs d’OVHcloud.

Portraits — Les personnalités qui transforment le Cloud

De Roubaix à l’intelligence artificielle, le fondateur d’OVHcloud défend une conviction : l’Europe doit pouvoir construire et maîtriser ses infrastructures numériques.

Derrière chaque site, chaque plateforme marketing et chaque service d’intelligence artificielle, il existe des machines, des réseaux et des entreprises qui les exploitent. Octave Klaba a consacré sa trajectoire à cette partie souvent invisible du numérique. Son parcours raconte une ambition industrielle européenne, mais aussi les difficultés à transformer une promesse d’indépendance en services fiables, compétitifs et simples à utiliser.

Dans une lettre publiée en octobre 2026, Octave Klaba rappelle une évidence que le vocabulaire du cloud tend à faire oublier :

« On ne télécharge pas un datacenter en un clic. »

Octave Klaba, traduction de sa lettre d’octobre 2026.

La formule résume sa manière d’aborder la technologie. Avant les interfaces et les usages, il faut construire, alimenter, refroidir et connecter. Le numérique repose sur une industrie. Et la capacité à développer cette industrie détermine aussi la liberté de ceux qui l’utilisent.


De la Pologne au Nord de la France

Né en Pologne en 1975, Octave Klaba rejoint la France à l’adolescence. Il poursuit ses études dans le Nord et se forme à l’ICAM de Lille. En 1999, il fonde OVH avec l’ambition de proposer une infrastructure Internet performante et accessible. L’hébergement constitue le point de départ d’une entreprise qui élargira progressivement son activité au cloud. Source : biographie officielle.

Son ancrage à Roubaix devient une caractéristique de son parcours. Dans un portrait publié en 2018, Le Monde décrit un dirigeant installé au milieu de ses collaborateurs, amateur de guitare et attaché à son territoire. Le clin d’œil « Roubaix Valley » traduit cette volonté de participer à la compétition technologique mondiale depuis le Nord de la France. Source : Le Monde.

Ce choix géographique donne une incarnation à son projet. L’industrie numérique peut se développer dans des territoires dont l’histoire économique s’est construite autour d’autres métiers. Pour une entreprise européenne, l’ambition internationale ne suppose pas nécessairement d’effacer ses origines.


Un entrepreneur qui pense en industriel

La singularité d’OVHcloud tient notamment à son modèle intégré. L’entreprise fabrique ses serveurs, construit ses centres de données et exploite son réseau. Cette organisation lui permet d’agir sur plusieurs éléments qui déterminent le coût et les performances de ses services.

Le refroidissement illustre cette approche. OVHcloud indique avoir commencé à utiliser le refroidissement par eau à l’échelle industrielle dès 2003. Il faut alors concevoir un dispositif efficace, puis réussir à le fabriquer, le déployer et le faire évoluer en volume. Source : historique technique d’OVHcloud.

Chez Klaba, l’innovation passe aussi par la tuyauterie, l’assemblage et l’exploitation. Ce travail attire moins l’attention qu’une application spectaculaire, mais il conditionne la possibilité de proposer des services à grande échelle.

Ce modèle comporte ses propres exigences. Les investissements précèdent les revenus, les équipements vieillissent et les besoins des clients évoluent. Construire davantage de capacités ne suffit pas : il faut les utiliser, les maintenir et les transformer en une offre que les entreprises souhaitent acheter.

C’est toute la difficulté du métier : rapprocher le temps long de l’industrie et le rythme rapide des usages numériques.


L’indépendance comme projet d’entreprise

Au fil de son développement, Octave Klaba fait de l’existence d’une alternative européenne un axe central de son engagement. Sa biographie officielle met en avant la souveraineté des données, la transparence et la liberté de choix. Ses engagements dans Shadow et Qwant prolongent cette ambition au-delà de l’infrastructure. Source : OVHcloud.

Cette vision pose une question de fond : quelle capacité d’action conserve une organisation lorsque ses activités reposent sur des technologies qu’elle maîtrise peu ?

L’indépendance numérique se mesure aussi à la possibilité de choisir et de changer. Une entreprise doit pouvoir comprendre ses dépendances, accéder à ses données et envisager une autre architecture lorsque ses besoins évoluent.

Pour autant, l’origine européenne d’un fournisseur ne répond pas, à elle seule, à toutes les questions. Il reste à examiner les services utilisés, les conditions contractuelles, les compétences nécessaires et les possibilités réelles de migration. Une ambition de souveraineté prend sa valeur dans ces détails.

Pour OVHcloud, l’enjeu commercial est donc exigeant : convaincre par la qualité du service autant que par le projet qu’il représente.


Strasbourg, l’épreuve du réel

Le 10 mars 2021, un incendie détruit le centre de données SBG2 d’OVHcloud à Strasbourg et endommage SBG1. Le site subit des interruptions majeures. Aucun blessé n’est signalé. Octave Klaba communique sur la situation et invite les clients concernés à activer leurs plans de reprise. Source : Data Center Dynamics.

Cet événement constitue une épreuve centrale dans l’histoire de l’entreprise. Il rappelle brutalement que les services numériques dépendent d’installations physiques et que leur indisponibilité se répercute sur les activités de leurs clients.

La confiance dans le cloud se construit aussi dans la préparation aux défaillances. Sauvegarder, répartir les risques et vérifier les procédures de restauration sont des sujets moins visibles que les nouveautés commerciales. Ils deviennent décisifs lorsqu’un incident survient.

Pour une marque, les conséquences peuvent être immédiates : une boutique inaccessible, un formulaire qui ne collecte plus de demandes ou une application indisponible. La continuité technique participe directement à la continuité de la relation client.

Le portrait d’un bâtisseur doit intégrer cette dimension : créer une infrastructure engage une responsabilité durable envers ceux qui en dépendent.


Le retour du fondateur, à l’heure de l’IA

Le 20 octobre 2025, Octave Klaba reprend la direction générale d’OVHcloud, tout en conservant la présidence du conseil d’administration. L’entreprise réunit les deux fonctions et annonce une nouvelle étape stratégique autour du plan « Step Ahead ». Source : communiqué de gouvernance.

Ce retour replace le fondateur au centre de l’exécution. Il intervient alors que l’intelligence artificielle transforme à la fois les besoins d’infrastructure et la manière de concevoir les logiciels.

Dans sa lettre d’octobre 2026, Klaba expose une vision dans laquelle les services logiciels seront de plus en plus orchestrés par l’IA. Il présente notamment le développement d’« OVHai Workspace », destiné à permettre aux entreprises de créer et d’orchestrer des agents. Il évoque aussi des services conçus pour être utilisés directement par ces agents. Il s’agit d’une orientation stratégique annoncée, dont la valeur devra se vérifier dans les usages. 

Le défi s’élargit : fournir la puissance de calcul, mais aussi rendre cette puissance utile et accessible.


Pourquoi ce parcours concerne les MarTech

Octave Klaba ne dirige pas une plateforme de campagnes ou un CRM. Son influence se situe dans les infrastructures sur lesquelles ces outils peuvent reposer.

Pour les directions marketing, cette couche devient particulièrement visible lorsque les données clients, les contenus et les traitements d’IA se multiplient. Chaque nouvel usage soulève des questions de disponibilité, de coût et de dépendance.

Prenons un cas simple : une équipe souhaite utiliser un assistant pour analyser ses campagnes et exploiter sa documentation commerciale. L’interface compte, mais elle ne suffit pas à évaluer la solution. Il faut aussi comprendre où les informations circulent, quels services interviennent et ce qui se passe si l’un d’eux devient indisponible.

Le point de vue Martech.cloud
La maîtrise des MarTech suppose de regarder au-delà des fonctionnalités visibles. Comprendre les dépendances d’un outil permet de mieux apprécier sa valeur, ses limites et sa place dans l’organisation.

Cette réflexion appelle un dialogue entre marketing, informatique, achats et responsables des données. Elle permet d’inscrire les choix technologiques dans la durée.


Construire une alternative qui donne envie d’être choisie

Le parcours d’Octave Klaba relie une intuition entrepreneuriale à une question collective : quelle place l’Europe veut-elle occuper dans les infrastructures de son économie numérique ?

Sa réponse passe par la construction d’une entreprise, des choix industriels et une volonté de rester dans la compétition. Elle rencontre aussi les exigences ordinaires des clients : un service disponible, une assistance efficace, des coûts compréhensibles et des outils adaptés à leur travail.

C’est là que son ambition se joue : faire de l’indépendance une possibilité concrète, suffisamment utile pour être choisie.

À l’heure de l’IA, cette question gagne en importance. Les entreprises pourront multiplier les assistants et les automatisations ; elles auront toujours besoin de savoir sur quoi ils reposent, qui les fait fonctionner et quelle liberté elles conservent.


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