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Testateur

En marketing, un testateur désigne un consommateur ou un utilisateur qui a essayé un produit, un service ou une marque, mais qui n’est pas encore devenu un utilisateur ou un acheteur régulier. Il occupe ainsi une position intermédiaire particulièrement intéressante entre le prospect, qui n’a pas encore franchi le pas, et le client récurrent.

Le terme correspond notamment à l’anglais trialist, utilisé en segmentation comportementale pour identifier les personnes ayant réalisé un premier essai ou un premier achat. Cette notion ne doit pas être confondue avec le sens juridique français du mot « testateur », qui désigne une personne ayant fait un testament.


Du prospect au client régulier

Le testateur a déjà franchi une étape essentielle : il connaît le produit par expérience. Il ne s’agit donc plus de le convaincre de tester, mais de lui donner une raison de recommencer.

Dans une segmentation simplifiée du cycle de vie client, on peut ainsi distinguer le non-utilisateur, qui n’a jamais essayé le produit ; le prospect, susceptible de le faire ; le testateur, qui vient de l’essayer ; puis l’utilisateur régulier et, éventuellement, le client fidèle.

Cette distinction est importante, car le premier achat ne constitue pas nécessairement une preuve d’adhésion à la marque. Un consommateur peut essayer un produit par curiosité, profiter d’une promotion, répondre à une recommandation ou simplement vouloir comparer plusieurs offres.

Tester n’est donc pas encore adopter.


Pourquoi les testateurs intéressent-ils autant le marketing ?

Parce qu’ils se trouvent à un moment décisif de la relation avec la marque. Une partie du coût nécessaire à leur acquisition a déjà été engagée et ils ont déjà accepté de consacrer du temps — et éventuellement de l’argent — à l’offre.

L’enjeu consiste désormais à provoquer le deuxième usage ou le deuxième achat. C’est souvent à ce moment que l’expérience réelle du produit prend le relais de la promesse publicitaire.

Un testateur satisfait peut devenir un client régulier. Un testateur déçu peut au contraire disparaître rapidement des radars. Et entre les deux existe une catégorie probablement encore plus difficile à interpréter : celui qui a apprécié l’expérience, mais pas suffisamment pour modifier ses habitudes.

La mesure du passage du test à l’usage régulier permet donc d’évaluer autre chose que la simple capacité d’une campagne à générer des ventes : elle renseigne sur la capacité du produit à transformer l’essai.


Le testateur dans la segmentation comportementale

Le statut de testateur relève principalement de la segmentation comportementale. Contrairement à une segmentation fondée sur l’âge, le revenu ou la localisation, il est défini par ce que la personne a effectivement fait.

Selon les marchés, la notion peut être matérialisée par un premier achat, une première commande, l’utilisation d’un échantillon, une période d’essai ou encore la première utilisation effective d’un service.

Dans un SaaS, par exemple, une personne ayant créé un compte gratuit et commencé à utiliser le produit peut être considérée comme un testateur. Dans la grande consommation, ce sera plutôt un consommateur ayant acheté une marque une première fois. Dans un service par abonnement, la frontière pourra se situer entre la période d’essai et la souscription payante.

La définition opérationnelle du segment doit donc être adaptée au cycle de consommation du produit.


Du « trial » au « repeat »

Le couple trial / repeat — essai puis réachat ou réutilisation — constitue une lecture classique de la performance marketing.

Une campagne promotionnelle très agressive peut par exemple générer beaucoup de testateurs sans nécessairement produire beaucoup de clients réguliers. Le taux d’essai sera alors élevé, mais le taux de réachat faible.

À l’inverse, une marque peut recruter moins de testateurs mais parvenir à en convertir une proportion importante en acheteurs réguliers. Dans ce cas, l’acquisition initiale paraît moins spectaculaire, mais peut s’avérer beaucoup plus rentable sur la durée.

C’est pourquoi le nombre de testateurs gagne à être rapproché d’indicateurs comme le taux de second achat, le délai avant réachat, la fréquence d’utilisation, la rétention ou la valeur vie client (Customer Lifetime Value).


Un segment devenu beaucoup plus observable avec la data

Historiquement, identifier précisément les testateurs pouvait nécessiter des panels consommateurs ou des études déclaratives. Les environnements numériques rendent cette étape beaucoup plus facile à observer.

Un CRM, une CDP ou une plateforme d’automatisation marketing peut par exemple distinguer un client ayant effectué exactement une commande d’un acheteur récurrent. Dans un produit numérique, l’analyse peut aller beaucoup plus loin : création du compte, activation d’une fonctionnalité, fréquence d’usage, durée des sessions ou abandon après quelques jours.

Le « testateur » devient alors moins une catégorie théorique qu’un état observable du parcours client, auquel peuvent être associés des scénarios marketing spécifiques.

Une marque peut ainsi déclencher un message quelques jours après le premier achat, proposer des conseils pour mieux utiliser le produit, recueillir un avis ou adapter une offre de deuxième achat. L’objectif n’est plus seulement de vendre une nouvelle fois, mais de comprendre ce qui fait passer de l’essai à l’habitude.


Attention au faux ami « testateur »

En français, le terme peut prêter à confusion. Son sens courant et juridique désigne avant tout l’auteur d’un testament. Le Robert, comme l’Office québécois de la langue française, retient d’ailleurs cette définition. (Le Robert)

Dans le vocabulaire marketing, « testateur » est plutôt une traduction ou une adaptation du terme anglais trialist. Certaines sources anglophones utilisent explicitement trialist pour désigner une personne essayant un produit pour la première fois, par opposition à l’acheteur régulier. (Wiktionary)

Le terme est donc compréhensible dans un contexte de segmentation, mais « consommateur à l’essai », « primo-utilisateur », « primo-acheteur » ou directement « trialist » peuvent parfois être préférables selon le contexte.


Exemple de segmentation

Prenons une marque qui lance un nouveau café en capsules. Paul connaît la marque mais ne l’a jamais achetée : c’est un prospect. Léa profite d’une promotion et achète une boîte pour la première fois : elle devient testatrice. Sofia achète ces capsules tous les mois : elle est une utilisatrice régulière.

La priorité marketing appliquée à Léa n’est donc plus de lui faire découvrir le produit. Elle consiste à déterminer si cette première expérience peut devenir une habitude.

Et c’est précisément ce qui rend ce petit segment particulièrement précieux : entre « j’ai essayé » et « j’achète régulièrement » se joue une bonne partie de la valeur future du client.


Quelques références


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Synonymes :
Trialist
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